Le corps est le temple de l’expérience

Cette phrase s’est imposée à moi dans un contexte assez particulier… Mais pour vous raconter cela, il me faut revenir en arrière…

Comme beaucoup, j’ai été bercée et nourrie par la sacro-sainte science matérialiste et j’ai adhéré à ses préceptes, convaincue qu’ils étaient là une avancée indiscutable dans la Connaissance que seul un ignorant ou un idiot pouvait remettre en cause.

Jusqu’à ce que je m’intéresse au décodage biologique, appelé encore bio-décodage…

Mon intérêt pour le bio-décodage s’est accru au fur et à mesure de ma formation. J’y ai découvert une logique fascinante et parallèlement, elle m’a amenée à vivre des expériences que mon mental rationnel ne pouvait pas expliquer. S’en est suivi une multitude de questions qui pourraient se résumer à « Qui suis-je RÉELLEMENT en tant qu’être humain »? car il devenait de plus en plus évident que je n’étais pas ce que l’on m’avait amenée à croire.

Les hypothèses du bio-décodage s’appuient sur un lien intime, une intrication, entre corps et psyché, le corps permettant la manifestation physique, incarnée de ce qui est vécu de façon immatérielle par la psyché. Pour le dire autrement, le corps exprime par la sensation, le comportement volontaire ou involontaire voire par le symptôme physique ou psychologique ce que l’individu traverse intérieurement en terme d’émotions face aux situations qu’il rencontre dans son interaction avec le monde extérieur. Cela rejoint l’idée de la somatisation.

Le corps pourrait donc être vu comme une « interface » intelligente (la conscience biologique) entre ce qui se passe en moi et ce que l’extérieur me propose ou m’impose. Disparaissent alors toutes notions de dysfonctionnement : Ce que l’on considère comme « problème » est en fait un indicateur de là où j’en suis dans mon évolution personnelle et/ou spirituelle. Il met le doigt « là où ça fait mal »! Il n’est en aucun cas question de chercher un coupable et d’endosser le rôle de victime. Il s’agit plutôt de tirer un enseignement de ce qui se manifeste en moi et qui est alors mis en lumière. Il m’invite à reconnaître mes zones d’ombre. Il m’offre l’opportunité de grandir intérieurement, de me libérer de mes entraves conscientes et inconscientes, de me dépasser.

A l’occasion de plusieurs stages de respiration holotropique (1), j’ai expérimenté un état corporel et énergétique qu’il m’aurait été impossible de concevoir même avec la plus extravagante imagination. C’est dans ce contexte que je me suis réveillée un matin, après une nuit très bizarre, avec cette phrase qui semblait avoir tourné en boucle toute la nuit dans mon esprit jusqu’à ce qu’elle arrive à ma conscience et me réveille: « Le corps est le temple de l’expérience« . Ce n’était pas simplement une phrase : elle était chargée d’une signification complexe qui m’arrivait en un seul bloc. Et avec elle notamment la confirmation de tout ce que j’ai décrit plus haut, que je n’avais pas encore formulé clairement.

Au-delà de tout le contenu qui m’arrivait, j’étais intriguée par le terme « Temple », cela ne faisant pas partie de mon vocabulaire. Je le comprenais au sens que c’était là que le grand « JEU/JE » de l’expérience de vie se jouait. Je l’aurais volontiers traduit par un mot moins connoté de type « le corps est le théâtre de l’expérience ». Cependant, c’est le mot Temple qui s’imposait à moi. Et avec lui cette notion de « sacré. » Le corps, l’ADN, la Vie qui y circule n’est-elle pas sacrée? Sur le moment, je n’en saisissais pas toute la portée…

Dès lors, il m’apparut encore plus essentiel d’être attentive à ce qui se manifeste dans le corps, que ce soit une colère, une peur, la gorge qui se noue, une douleur dans le ventre, un eczéma, une fracture osseuse, un avc, un cancer… et d’en chercher la source. J’ai la croyance que toute manifestation corporelle a son utilité, qu’elle est un message pour pointer du doigt ce qui doit être transcendé. Le corps est alors notre allié le plus précieux, car en plus de nous permettre d’expérimenter la joie, l’amour, et toutes ces émotions qui nous remplissent, il nous permet de déceler par ces réactions qui nous dérangent, ce sur quoi il nous appartient de « travailler » afin de transmuter ce qui doit l’être. Se contenter de bâillonner le signal indésirable n’est peut-être pas la meilleure option.

« Ne lutte pas contre la maladie mais fortifie le sain, ce qui n’est pas la même chose. Tout médecin commet une erreur lorsqu’il supprime la maladie. C’est SA force, lorsqu’elle se lève, qui la vaincra. Ainsi, un guérisseur ignorant peut mieux guérir qu’un médecin savant.« (2)

Cela m’amène également à penser à ces courant spirituels qui prônent le détachement vis à vis de la « matière », à vivre de façon presque désincarnée par le biais de différentes techniques plus ou moins en vogue. S’il me semble indispensable de renouer avec notre dimension spirituelle, il n’en faut pas moins éviter tout excès inverse. A supposer que nous soyons effectivement des « êtres spirituels vivant une expérience humaine« (3) et non le contraire, alors la fuite de notre réalité physique n’en serait en aucun cas le but. Tout est question de dosage, d’équilibre, de discernement. De Tempérance…

A ce jour, bien que je sois allée un peu plus loin encore dans mes conclusions, je garde cela pour moi et vous invite à laisser libre cours à votre propre réflexion et à en retenir seulement ce qui fait sens pour vous.

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(1) technique de modification de conscience à visée d’exploration intérieure mise au point par le psychiatre Stanislav Grof)

(2) Gitta Mallasz, « Dialogues avec l’ange »

(3) Pierre Teilhard de Chardin