Vous avez dit « croyances limitantes? »

Peut-être avez-vous entendu parler de ces « croyances limitantes » dont parlent tous les coachs et praticiens en PNL*? Ces croyances qui parasitent nos pensées et donc notre potentiel d’évolution personnelle, et contribuent de fait à nous piéger dans des schémas de fonctionnement dont on se passerait bien?

Peut-être associez-vous, comme je le faisais auparavant, l’idée de « croyance » à celle de « religion »?

Peut-être n’avez-vous encore jamais remis en questions ce que vous pensez et pourquoi vous le pensez?

Ces croyances, finalement, qu’elles soient limitantes ou non, n’est pas tant le sujet. L’important est surtout de les débusquer. Se rendre compte qu’elles sont le fondement inconscient de la plupart de nos émotions, décisions et pensées. Elles sont notre STRUCTURE malgré nous (à l’insu de notre plein gré comme qui dirait…)!

Savez-vous que tant qu’elles restent inconscientes, vous êtes comme pris au piège d’un programme? (On y revient!) Savez-vous que pour reprendre les rênes de qui l’on est, il est nécessaire de prendre conscience de cette structure interne et donc, de nos croyances? C’est bien ce qui permet de passer du statut d’ OBJET à celui de SUJET de sa vie!

Parmi les toutes premières croyances que l’on repère, il y a celles du genre: « dans ma famille on est tous comme ça », « ça c’est pas mon truc, je n’en suis pas capable », « je rencontre toujours le même type de situation », « ça, ça ne se fait pas », « je suis nul en maths »… Vous me suivez?

Puis il y a les dizaines et dizaines d’expressions qui ancrent des croyances délétères dans le cerveau de générations en générations comme une véritable magie noire: « dans la vie on ne fait pas ce qu’on veut », « la vie c’est difficile » , « un homme, ça ne pleure pas » , « l’homme est un loup pour l’homme » , « il faut souffrir pour être belle » , « les hommes sont tous les mêmes » , « les femmes n’ont pas le sens de l’orientation » , « ça c’est le travail des hommes » , « ça c’est un truc de femmes »…

Avez-vous remis ces affirmations en questions en vous demandant: « ah oui? Vraiment? Tout le temps? Tout le monde? Comment vous le savez? Qui vous l’a dit? « N’y a t-il pas de contre-exemple?

Bein oui… qui n’a pas de contre-exemple? Franchement?

C’est comme ça que l’on commence à se rendre compte que ce que l’on nous a asséné comme des vérités, sont en fait des croyances auxquelles on accorde une véracité qu’elles n’ont pas dans tous les contextes et toutes les circonstances. « C’est l’exception qui confirme la règle » diront certains. Ce à quoi je réplique que c’est une pirouette fallacieuse qui ne vaut que pour les règles de grammaire, et seulement pour cela! Dès lors qu’il y a une exception, alors il n’y a plus de règle!

Imaginez que vous partiez passer vos vacances en Bretagne et que vous ayez quelques jours de pluie. Penserez-vous: « je le savais, il pleut tout le temps en Bretagne! » ? Qu’allez-vous raconter à vos collègues une fois rentrés de congés? Maintenant, imaginez que vous alliez sur la côte d’azur et que vous essuyiez les orages du mois d’août. Vous direz-vous : »il pleut tout le temps sur la côte d’azur »?

L’important n’est bien entendu pas d’accuser qui que ce soit ni quoi que ce soit, mais de se libérer de ces affirmations et les voir comme telles: seulement des croyances qui peuvent être tantôt vraies, tantôt fausses. Il ne s’agit en aucun cas de dire: « Avant je pensais bleu, maintenant je sais que c’est vert ».

Non, enlevez les barrières mentales peu à peu, laissez le champ des possible se déployer. Il n’est pas nécessaire de remplir par autre chose. Laissez la place vide, observez. Et comme le propose Miguel Ruiz**: « Soyez sceptique mais apprenez à écouter. Ne vous croyez pas vous-même ni personne d’autre. Utilisez la force du doute pour remettre en question tout ce que vous entendez: est-ce vraiment la vérité? Écoutez l’intention qui sous-tend les mots et vous comprendrez le véritable message ».

Oui, je dis bien « enlevez ces barrières peu à peu ». Il en faut du temps pour débusquer nos croyances! Dix ans après avoir conscientisé la première couche, j’en découvre encore! Car elles sont bien cachées derrière nos processus de protection internes : vous savez, quand on réagit par un : « Ah, mais ça c’est vrai! » Et bien, ce « ça » que l’on dit « vrai », c’est très souvent une croyance... et oui! Certaines fois, on refuse de l’admettre. Et plus tard on se ravise, vous verrez!

Comme je le disais plus haut, les toutes premières sont faciles à repérer. C’est une fois que l’on pense en avoir fait le tour, qu’on en découvre une autre couche. Puis une autre. Et encore une autre… Un véritable mille-feuille! On prend à chaque fois un peu plus de distance, un peu plus de hauteur. On gagne à chaque fois un peu plus de terrain, de liberté intérieure.

C’est un « pas à pas » qui ne peut se faire que seul : comme toute prise de conscience! Le secret, c’est de toujours (se)questionner: Qu’est-ce qui fait je pense ça? Pourquoi je fais confiance à telle personne quand elle dit ça? Est-ce que c’est vrai tout le temps? Avec tout le monde? Y a t-il d’autres personnes, d’autres cultures, d’autres temps où on a pensé différemment? Comment je le sais? Sur quoi je me base pour penser cela?

« On ne peut pas tout remettre en question! » Ah bon? Pourquoi? En quoi c’est un problème? Si je remets tout en question, il se passe quoi?

Oui, certes, ça peut être inconfortable de perdre ses repères, ça crée un flottement, ça nécessite du temps pour s’en construire de nouveaux. Seulement, ces repères-là seront les vôtres, ils seront solides, car vous les aurez testés, vérifiés mis à l’épreuve. Un « effort » diront certains. Et …?

Souvent je pense à ces nourrissons que nous avons été. Imaginez si nous nous étions dit « Oh, c’est trop d’efforts d’apprendre à parler, trop compliqué, il y a plein de sons bizarres que je ne sais pas faire, et en plus je n’y comprends rien. Quant à marcher, pourquoi faire? En plus ça doit faire mal de tomber, c’est pas pour moi. Je vais rester au chaud dans mon petit berceau, il est pas mal! »

Chacun est libre, chacun a le choix. A vous de décider!

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Choisir ses croyances

Une fois que l’on sait que tout est croyances, libre à nous de choisir celles qui nous sont utiles, celles que l’on garde. Non pas en les érigeant en nouvelles vérités gravées dans le marbre mais bien en tant que simples croyances toujours susceptibles d’être réévaluées! Car, désormais lucides, nous savons que nous n’avons pas donné notre Pouvoir à une prétendue Vérité. Conscients qu’il s’agit simplement d’une croyance, nous restons souples et aptes à nous adapter à ce qui se présente.

Commencer ses phrases par « j’ai la croyance que.. » sous-entend : « je garde un œil critique sur ce que j’affirme ». Il y aura toujours des arguments pour la contredire. Mais au moment où je l’exprime, c’est pour moi la position la plus plausible.

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*PNL:programmation neuro linguistique

** Miguel Ruiz, « les quatre accords toltèques » et « le cinquième accord toltèque » éditions Jouvence