Il est temps… d’une réflexion éthique.

Depuis plusieurs années, la science matérialiste se plaît à comparer l’être humain à une machine, faisant ainsi le terreau du transhumanisme.

Pour résumer de façon (pas si) caricaturale (que ça), la société a accepté cette vision matérialiste de l’humain :  le corps est présenté comme un assemblage d’organes dont on pourrait changer les pièces comme sur une vulgaire voiture, régis par un cocktail bio-chimique en équilibre précaire susceptible de dysfonctionner à tout moment qu’il suffirait de réguler par un apport chimique de synthèse, et le cerveau, un ordinateur chargé de piloter l’ensemble. et duquel émanerait la conscience..! Les émotions quant à elles,  seraient des « défauts du système », obstacles au bon »fonctionnement » et  qu’il faudrait supprimer…

Un tableau  simpliste, extrêmement réducteur et par conséquent fallacieux, mortifère et sordide de l’Homme!

La technologie transhumaniste est prête : cerveau « augmenté » par l’implant de puces électroniques connectées à un ordinateur (Neuralink d’Elon Musk), accompagnée de drones de surveillance, caméras à reconnaissance faciale, reconnaissance vocale, informations biométriques collectées, robots humanoïdes ayant le statut de citoyen (Sophia en Arabie Saoudite) et tant d’autres choses à la hauteur des pires films de science fiction que je n’ai pas envie d’étaler ici: il appartient à chacun de faire ses propres recherches et de se positionner.

Dans ce contexte matérialiste et afin d’accéder à une légitimité dans le monde scientifique, l’hypnose, (comme l’EMDR), est souvent présentée comme la panacée pour « reprogrammer le cerveau-ordinateur ». Bien que parler de l’hypnose en ces termes soit tentant, et je l’ai fait moi-même, car permettant d’expliquer certains processus, cela n’est pourtant pas juste. C’est déjà passer sous silence la complexité de ce cerveau que les neurosciences sont loin d’avoir compris, mais également le mystère de ce que nous appelons la « Conscience »  (avec une majuscule) ainsi que cette énergie, cette « flamme » de Vie  qui nous anime, domaine que la science ignore purement et simplement.

Bref, l’hypnose, comme beaucoup d’autres pratiques que je ne nommerai pas tellement elles sont légion, agissent comme un catalyseur d’un processus interne dont on « suppose » qu’il opère de telle ou telle façon… On observe ce qui entre et sort de la « boîte » mais à l’intérieur,  qu’en est-il? La magie de la vie? L’âme agit?

L’humilité s’impose.

Aucune pratique de soin, quelle qu’elle soit, de la plus conventionnelle à la plus controversée, n’est miraculeuse… ça se saurait…. Il serait plus juste de s’incliner devant le mystère de la vie. Certes, l’Homo sapiens a développé une multitude d’outils qui donnent des résultats intéressants dans tel ou tel cas… mais il faut reconnaître que l’Humain n’est certainement PAS comparable à une machine!

Nous sommes des êtres complexes, où le corps, les émotions, la psyché, sont imbriqués, intriqués et interagissent en permanence. Ils sont bien plus que simplement liés. Ils sont les facettes d’une même expérience : celle d’être « incarné ».

Par conséquent, les besoins humains ne se limitent pas à des « entrants » matériels. A la différence d’une voiture, il ne suffit pas que l’on ait du « carburant »…!

Ces derniers mois ont été éprouvants pour beaucoup de monde, et ont mis en lumière  un besoin fondamental et essentiel à la vie humaine que peu avaient conscientisé tellement il était évident:  le besoin d’être en lien avec les autres, socialement, physiquement voire charnellement.

Être « en lien » c’est être en relation avec ses proches, ses enfants, ses parents, ses amis, ses collègues… à l’occasion de moments partagés autour d’un repas, d’une promenade, d’une discussion, d’une présence.  Comment parler de ce qui est invisible comme l’amitié et l’amour et de cet autre invisible qu’il remplit en nous? Alors que notre corps se nourrit de matière, notre âme se nourrit de ces choses immatérielles que l’on appelle émotions et sentiments.

Certaines peuvent penser qu’elles ne sont pas indispensables… et pourtant… Savez-vous qu’un enfant dont les besoins alimentaires sont satisfaits mais qui n’est pas en lien affectif et charnel ne survit pas? Avez-vous entendu parler du taux de mortalité anormalement élevé dans ces orphelinats roumains déshumanisés?

Il est temps de prendre conscience de qui nous sommes en tant qu’humains, de prendre en compte notre multiplicité et nos spécificités individuelles.

Il est temps également d’arrêter de chercher à suivre un modèle, une norme et d’accepter nos différences, car ce sont nos différences qui constituent notre richesse.

Il est temps de se relier et de permettre à chacun de s’épanouir dans qui il est vraiment afin de dessiner la plus belle œuvre qui est à accomplir: celle de l’Humanité!